Intermède

INTERMEDE

CHANGER LA REALITE

Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel que n'en peut rêver toute ta philosophie, Horatio. - Shakespeare -


Alors, je peux vous emmener dans cette promenade un peu décousue autour des concepts de réalité et d’illusion ?

Un singe

Je me souviens d'une histoire de science-fiction, une nouvelle lue il y a maintenant plus de vingt ans. Je ne pourrais « rendre à César », car je ne me rappelle plus du nom de l'auteur - qu'il reçoive ici mes excuses pour cet oubli. Pour vous, je résume ce récit tel qu'il m'est resté en mémoire.

Imaginez un laboratoire d'expériences sur le comportement animal, quelque part dans une zone désertique. Là, naît un jour un bébé singe que l'on retire aussitôt à sa mère. Appelons-le Washoe, en souvenir d'un autre singe, dans une autre expérience scientifique. Il est élevé avec beaucoup de soins et d'attentions par les savants, sans aucun contact avec d'autres singes. Entouré, bien nourri, il se développe dans un vaste enclos tout à fait agréable à vivre.

Un détail toutefois : plusieurs fois par jour, l'un ou l'autre savant, après lui avoir montré un objet, lui met les mains sur les yeux et un assistant retire prestement l'objet. Lorsque Washoe peut regarder à nouveau, l'objet a disparu. On cherche à ancrer dans sa perception de la réalité le fait que, quand il ferme les yeux, ce qu'il voit peut disparaître.

C'est là la seule particularité dans la vie de l'animal.

Le temps et les années passent ainsi, paisiblement, et un jour, un enchaînement d'inattentions se produit : on oublie de verrouiller la porte de la cage. Washoe s'aventure hors du centre de recherches et se retrouve seul, dans une nature rocheuse, un environnement totalement inhabituel dans lequel il erre.

Les recherches dans un laboratoire coûtent cher et il faut à tout prix retrouver le fugitif. Les hommes se mettent à sa poursuite afin de le récupérer et ils finissent par l'apercevoir, là-bas, sur un rocher.

Mais voilà, toutes ces aventures ont terrifié l'animal. Cet environnement inconnu, cet espace trop immense, ces humains, là-bas, qui gesticulent et crient et s'approchent en l'encerclant... il a de plus en plus peur et se voit acculé. Les « assaillants » sont à quelques mètres de lui, ils vont le toucher et... Washoe plaque ses mains sur ses yeux, serre les paupières sous ses paumes et reste ainsi quelques instants en tremblant. Puis il retire ses mains, regarde et... Washoe est là, dans ce décor, sur ce rocher – silence, calme et vent léger. Les hommes ont disparu, il est seul et il peut s'apaiser...

Est-il possible, puisque la conscience peut organiser des processus internes du cerveau, que cette même conscience puisse organiser des processus extérieurs à l'individu ? - M. Varvoglis - Ph. D. en psychologie expérimentale -

Des chamans

Avant de devenir psychothérapeute et spécialiste en développement de la personnalité, je suis ethnologue de formation et mon conjoint également. Nos travaux et recherches personnels ont surtout porté sur les ENOCs, les Etats Non Ordinaires de Conscience, aussi bien dans les cultures traditionnelles qu'en Occident, et les cultures chamaniques ont été un de nos axes d'étude et d'intérêt majeurs.

S'il est une discipline scientifique qui exige de la souplesse d'esprit, c'est bien l'ethnologie. Car dès que l'on est confronté aux connaissances d'une autre culture, on est aussi confronté à une autre « réalité ». C'est un tout autre agencement, une intrication différente, des éléments du monde qui apparaît : un aveuglement pour certaines choses (évidentes pourtant pour un autre peuple) et une valorisation pour d'autres choses (jugées sans intérêt par une autre culture).

Il en est des peuples comme des individus : une interprétation de la réalité – le choix d'une illusion – marque la spécificité d'une culture par rapport à l'autre. Souvenons-nous qu'il est impossible d'avoir plus de neuf éléments simultanés dans le champ de la conscience humaine, et que le RAS cible l'attention en fonction des intérêts du sujet.

Le RAS cible aussi l’attention en fonction des croyances du sujet.

Il est heureusement passé, le temps du mépris de nous autres, « civilisés", pour les « sauvages ». Le mot « primitif » n'est plus accolé à « peuple » ou à « culture » dans les Sciences Humaines d'aujourd'hui (ce qui était encore le cas dans les années 1960). Et voici bien une preuve que notre perception, notre interprétation, notre illusion, de la réalité de ces peuples a changé. Il y a toujours d'excellentes raisons pour expliquer que notre appréciation de la réalité change. Mais ce ne sont pas ces bonnes raisons qui devraient nous aveugler : ce sont les conséquences de ce changement qui devraient nous mobiliser.

"Les différents pouvoirs psychiques qui leur (aux hommes-médecine aborigènes) sont attribués ne doivent pas être trop rapidement rejetés comme de simples superstitions magiques primitives, car la plupart d'entre eux se sont spécialisés dans le fonctionnement de l'esprit humain, et de l'influence de l'esprit sur le corps et de l'esprit sur l'esprit..." - A.P. Elkin - anthropologue -

Notre perception de la réalité de ces peuples (dits « traditionnels », aujourd'hui) ayant changé, voici ce qui en découle : des ethnologues font des recherches auprès de guérisseurs et de chamans traditionnels pour découvrir des plantes et des techniques qui pourraient compléter notre arsenal thérapeutique occidental. Un de mes professeurs de faculté est, en ce moment même où je rédige, en Amérique du Sud pour une mission de cette nature. Des équipes scientifiques poursuivent des recherches de ce type à Madagascar et ailleurs, et cela modifie la « réalité » de notre savoir pharmacologique. Cela pourra, par la suite, modifier la réalité de malades : vivre ou mourir, voilà deux réalités apparemment bien différentes !

Les états de transes dans les rituels chamaniques étaient, il n'y a pas bien longtemps, considérés par d'augustes savants comme des manifestations d'une pathologie psychique avancée. Aujourd'hui, des recherches sont menées pour essayer de comprendre les effets thérapeutiques de ces rites et de la transe. Il a suffi que le regard change pour que, au lieu de ne voir que des contorsions délirantes chez les chamans, on voie les résultats qu'ils obtenaient. Et cela a modifié le jugement porté sur ces rites et donc leur réalité perçue.

Un dé à coudre de matière

Alors, la réalité, c'est quoi ?...

Connaissez-vous ce fait établi par les sciences dites exactes : si on comprimait la matière qui forme toute l'humanité actuelle, en éliminant tout le vide qu'il y a entre les atomes composant ces six milliards de corps, ce qui resterait de cette matière compactée remplirait tout juste un dé à coudre ?

Vous pesez, mettons 82 kilos, votre taille est de 1,80 m et votre carrure est moyenne. Quel effet cela vous fait-il de savoir que, comprimé ainsi, votre corps occuperait le volume approximatif d'un six milliardième de dé à coudre ? Mais alors, qu'est donc votre corps, en réalité ? Plein de vide ? Ou vide de plein ? Ou en chair et en os solides ?

Autre chose... Regardez autour de vous, vous avez certainement une plante verte dans vos environs. Regardez-la bien. Vous voyez : elle est verte, c'est tout à fait réel. Eh bien non ! Ce que vous percevez et appelez « vert » n'a aucune réalité. Le vert n'existe pas plus qu'aucune autre couleur : le vert est une illusion. Le vert est une longueur d'onde et non pas une réalité. C'est l'activité de votre cerveau qui vous communique la sensation visuelle que vous associez au vert de par les conventions de votre culture.

Il y a des populations sur cette terre qui ne connaissent que trois couleurs : le noir, le rouge et le bleu. Là où vous diriez « jaune », elles diraient « rouge ». Là où vous diriez « olive », elles diraient « bleu ».

Primitifs, ces gens-là ? Non. Pas plus que nous qui ne connaissons que trois ou quatre états de la neige (fondante, gelée, etc.) là où les Inuits en reconnaissent plus de quinze.

Où est l'erreur ?

Nous percevons le monde à travers nos sens, certes, mais aussi à travers le filtre de nos connaissances et de nos croyances sur ce monde et sur la réalité. Le monde objectif n'est probablement rien de ce que nous croyons où alors, il est tout ce que croit la totalité de ceux qui le perçoivent, plus, peut-être, encore bien d'autres « choses ».

La perception et la compréhension qu'un homme a du monde est nécessairement limitée et n'engage pas la réalité totale. La perception et la compréhension qu'a son voisin – ou la culture d'à côté – peut être tout à fait différente et est nécessairement limitée – et n'engage pas plus la réalité totale. Chacune de ces perceptions et compréhensions ne sont qu'un des aspects, une des miettes, de ce qu'est le monde : micro-réalités par rapport à une macro-réalité.

Mon propos n'est pas de philosopher, mais d'essayer de vous donner ce léger vertige, cette légère excitation, annonciateurs de perspectives nouvelles, de terres à explorer, d'actions à stimuler, de buts nouveaux à atteindre.

"C'est la théorie qui décide de ce que nous sommes en mesure d'observer." - Einstein -

Chaque culture vit dans une micro-réalité, à l'intérieur de laquelle il y a un certain nombre de faits et de jugements acceptés par chaque membre de cette culture. C'est cette strate, commune à tous, véhiculée par la tradition, l'éducation, les croyances et les comportements qui en découlent, que j'appelle : le « consensus de réalité basal ». C'est cette base commune qui donne aux membres de la culture l'impression de vivre dans une réalité partagée par tous. C'est grâce à elle qu'ils peuvent se communiquer cette réalité entre eux en se comprenant mutuellement. Hors de cette strate, la communication devient impossible. Au-dessus de cette strate, il y a les différences individuelles, le choix d'illusion individuel.

Des fées ?

Imaginez un village dont la population croit aux fées, aux korrigans, aux trolls, à ce « Petit Peuple » que l'imagination, ou la « réalité », place dans certains coins de nature. Imaginez encore un jeune homme rentrant chez lui un soir d'orage, après s'être vu poursuivi par une de ces créatures en voulant à son âme. Tous les gens vont compatir à son récit, le réconforter et abonder.

Maintenant, imaginez le village d'à côté, où l'on a cessé depuis longtemps de croire aux fées. Les habitants auraient tôt fait de se frapper le front de l'index au récit du jeune homme, ou de le soupçonner de mentir pour se rendre intéressant. Ou d'avoir forcé sur l'équivalent local du calvados.

Vous vous demandez lequel des deux villages a raison ? A mon avis : aucun des deux et aussi tous les deux. Car chacun n'a accès qu'à sa micro-réalité à soi – et aucune ne rend compte de la réalité absolue. Ces micro-réalités ne sont que le résultat des croyances. Et ce qui est important à saisir là, ce n'est pas la réalité objective des fées, korrigans et trolls (sur laquelle je n'ai pas d'opinion), mais le fait que le comportement des gens de chacun de ces villages va être différent en fonction de cette croyance.

Et qu’en retour, le monde environnant va leur renvoyer la confirmation de la croyance.

"Par exemple, dans un groupe favorable au psy, mettons des moines tibétains, ce consensus fait que les événements psy ont une très haute probabilité de se produire par rapport à leur probabilité d'apparition dans un autre groupe qui ne croirait pas à l'existence de facultés psy." - C. Hardy - anthropologue -

Les gens du village numéro 1 seront sans doute infiniment plus attentifs et précautionneux dans leurs contacts avec la nature, peut-être laisseront-ils des offrandes à certains endroits, lors de certaines fêtes, pour apaiser ces esprits de la nature ou s'attirer leur protection. Leur fonction RAS, collectivement et individuellement, branchera leur attention sur tout ce qui peut aller dans le sens de leur croyance - et il ne manquera pas d'éléments à cet égard -. Tout ceci alimentera la croyance et confortera ces comportements. Et voici qu'est cristallisée de plus en plus, pour eux, la conviction que tout ceci est la réalité - et qui peut affirmer en toute connaissance que ce n'est pas un aspect de la réalité absolue ? -.

Voyons maintenant le comportement des gens du village numéro 2. Leur rapport à la nature sera différent, ils laboureront avec des tracteurs, feront sauter la rocaille qui les dérange et s'ouvriront un chemin à coup de boutoir à travers la forêt ou la montagne. Tout ce qu'ils verront et vivront dans ce qui, pour les autres est le domaine du Petit Peuple, les confortera dans le fait que ce Petit Peuple n'est que "croyances stupides des arriérés du village d'à côté". Et qui peut dire que ce n'est pas, là aussi, un pan de la réalité absolue ?

Vous vous demandez toujours lequel des deux villages est dans la vérité ?

Et si ce n'était pas la bonne question ? Si la bonne question était :

« Laquelle de ces deux micro-réalités ai-je envie de vivre ? »

C'est à cela que je veux en venir : si la micro-réalité de quelqu'un d'autre me plaît mieux que la mienne, comment puis-je l'adopter, la vivre et m'y épanouir ? Est-ce seulement possible ? Et si oui, comment puis-je me transformer de manière à parvenir à cela ? Ou suis-je fatalement, rivé à « ma personnalité », à « mon caractère » ?...

"Si vous adoptez l'attitude que tout est possible, vous verrez qu'un grand nombre de choses qui étaient auparavant considérées comme impossibles, finissent par devenir possibles." R. Bandler -

De la magie ?

Je vous ai parlé de souplesse plus haut. L'ethnologue, pour essayer de comprendre une culture qui lui est étrangère, doit intégrer le consensus de réalité basal inhérent à cette culture. Ce consensus de réalité basal, c'est comme une sorte de programmation modulant les croyances des gens et rendant les comportements compréhensibles par chaque membre du groupe. L'ethnologue occidental par exemple, qui chercherait à comprendre une culture traditionnelle en fonction du consensus de réalité basal de sa propre culture à lui, n'y verrait que du pathos, de l'arriération et de la stupidité - de la « primitivité » -, et on est bien revenu de cette vision-là aujourd'hui.

L'ethnologue (le psychothérapeute également), pour comprendre et communiquer, doit être capable de faire des va et vient d'un consensus de réalité basal à l'autre, d'une micro-réalité à l'autre. Il ne doit pas perdre sa cohésion et sa cohérence pour autant, et cela exige de la souplesse, cela exige de se dérigidifier, de sortir de ses limites et de ses croyances limitantes, de cultiver une magnifique adaptation... Cela exige d'accepter, au moins ponctuellement, pour la saisir de l'intérieur, une autre micro-réalité que celle à laquelle il a été conditionné.

C'est ainsi qu'un de mes amis, faisant un travail de recherche sur la magie dans les villes, s'est mis pendant tout le temps qu'a duré sa recherche, à user de pratiques considérées comme superstitieuses en y croyant sincèrement : il faisait des signes cabalistiques sur les murs des locaux dans lesquels il entrait pour y être protégé, il posait chaque jour un glyphe sur sa voiture pour qu'elle l'amène entier à bon port, et d'autres choses du même acabit. Non : il n'était ni fou, ni délirant, ni naïf et encore moins stupide ! Il était seulement, le temps nécessaire, entré dans la micro-réalité qu'il voulait étudier et il en est ressorti ensuite, en parfaite santé mentale, ayant réalisé un superbe travail scientifique, et plus riche d'expérience, de pouvoir et de savoir.

"Le fait qu'un phénomène ne puisse se mesurer à l'aide d'instruments (...) n'implique pas qu'il n'est pas, encore moins qu'il ne peut être ; mais simplement qu'il doit être abordé autrement..." ­ J. Servier - ethnologue -

Vous voulez d'autres exemples ?

En 1918, débarque à Hawaii Max Long, psychologue et linguiste. Il entre en relation amicale avec le vieux Dr William Brigham, administrateur d'un musée à Honolulu. Ce dernier est fasciné depuis plus de quarante ans par les « miracles » opérés par les Kahuna, les prêtres, guérisseurs et thaumaturges locaux : guérisons, pouvoirs sur le climat et autres choses étonnantes. Il introduit Max Long auprès des derniers vieux Kahuna de sa connaissance – le rouleau compresseur de l'Occident est passé par là et a laminé les traditions autochtones.

Le Dr Brigham a amassé de nombreuses données pour essayer de comprendre comment les Kahuna opèrent ces miracles. Il meurt en posant sur le dos de Max Long le fardeau de toutes les questions sans réponses qu'il s'est posées tout au long de ces quarante années. Et meurent bientôt les derniers grands Kahuna de la vieille tradition.

Max Long compulse, cherche, mais ne trouve aucune réponse qui le satisfasse, bien qu'il ait tout fait pour en obtenir jusqu'en 1931, année de son départ de Hawaii. Il est néanmoins absolument convaincu que des faits extraordinaires de toutes sortes sont possibles, pour peu qu'on connaisse les procédures qui les déclenchent.

En 1934, alors qu'il a abandonné tout espoir de trouver ce qu'il cherchait, il se réveille une nuit. Une idée a surgi dans son sommeil : et si les réponses se trouvaient dans la langue des Kahuna ? Et plus précisément dans les mots qui y avaient rapport avec la nature spirituelle ou mentale de l'homme ?

Max Long, à partir de cette intuition, développe tout un système, une micro-réalité englobant croyances, explications, actions, et même une méthodologie, qui de son point de vue signent le pouvoir des Kahuna. Son livre paraît en 1948 aux Etats-Unis, et de nombreux lecteurs lui écrivent pour le prier de les aider à expérimenter ce pouvoir et de leur enseigner les procédures pour le développer. Des groupes de travail sont alors fondés dans différents coins du monde et les participants expérimentent : guérisons à distance, contacts télépathiques à distance, phénomènes de clairvoyance. Et même, résolutions de difficultés tout à fait concrètes : problèmes financiers, professionnels, affectifs...

Doux dingues ? Naïfs ? Ou micro-réalité ?

"Il est ainsi concevable que les êtres puissent être reliés et échanger des informations, non pas à travers l'espace, mais à travers le contact avec leur Inconscient commun." - M. Varvoglis -

José Silva, un américain, a consacré sa vie entière au développement des ressources mentales en ENOCs. Il y a de nombreuses personnes - et non des moindres – qui, ayant suivi sa méthode, rapportent : guérisons à distance, clairvoyance, résolution de difficultés de toutes sortes...

Doux dingues ? Débiles mentaux ? Ou micro-réalité ?

Carl Simonton, médecin cancérologue américain qui avait d’ailleurs à l'origine suivi la méthode Silva, crée en 1971 avec sa femme psychologue une approche thérapeutique tout à fait inacceptable pour les purs et durs du rationalisme ambiant : il fait visualiser mentalement à ses malades, en ENOC, le combat métaphorique contre leur cancer et la victoire de leurs forces d'auto-guérison sur la maladie. Beaucoup de ses patients voient considérablement augmenter la durée de leur survie par rapport aux pronostics des médecins – et avec une bonne qualité de vie. Nombreux sont ceux qui guérissent, malgré leur condamnation à mort par la médecine officielle. Depuis 1976, des milliers de médecins et thérapeutes ont suivi les séminaires sur la méthode Simonton, aux USA et dans le monde entier, et ils obtiennent des résultats analogues.

Doux dingues ? Escrocs ? Ou micro-réalité ?

"Beaucoup d'expériences spontanées et d'expérimentations de laboratoire suggèrent que l'ESP (perception extra sensorielle) apparaît plus facilement dans les états mentaux qui impliquent un contact avec l'Inconscient, par exemple, les rêves et les transes, montrent que le PSI ne nécessite pas le conscient du sujet." - M. Varvoglis -

Des rites de guérisons, dans les cultures traditionnelles, guérissent également tout à fait efficacement des maladies organiques et psychologiques – et s'il est souvent soulageant pour certains de coller systématiquement ces phénomènes sur le dos de l'hystérie, de la psychosomatique, de l'autosuggestion, de l'effet placebo : qu'attendent-ils donc pour avoir les mêmes résultats ?...

Dans certaines cultures, des rites de mort tuent tout à fait efficacement aussi, et cette micro-réalité-là fait une sacrée différence pour les victimes ! Voici ce que raconte le Dr Herbert Benson, qui a beaucoup étudié les relations corps-esprit. Dans une ethnie aborigène, en Australie, une pratique d'envoûtement de mort consiste à « pointer l'os » sur quelqu'un qui, à partir de là, sait avec une absolue certitude que d'atroces souffrances et la mort vont être son lot. A. Robbins nous décrit ce cas survenu en 1925 et rapporté par le Dr Benson : un homme s'aperçoit qu'un ennemi « pointe l'os » sur lui. Sa physionomie change instantanément : hagard, exsangue, les yeux vitreux, le visage atrocement déformé, l'écume aux lèvres. Son corps se met à trembler, il tombe, se cabre comme tétanisé puis entre en convulsions en criant et gémissant... Enfin, il meurt dans un temps relativement court...

En 1906, le Dr C.A. Wiggins en poste à l'hôpital de Mombasa examine un homme qui affirme avoir été envoûté par un sorcier. Cet homme dit qu'à cause de cela, il va mourir la nuit prochaine à minuit. L'examen médical le trouve en parfaite santé. Mais la nuit suivante, l'indigène reste assis sur son lit, immobile. A minuit, sous les yeux du médecin qui ne peut rien faire, l'homme meurt subitement. Rationnellement et médicalement, cette mort est inexplicable.

Affolant, non ? Heureusement que ça n'arrive pas chez nous !

Eh bien si, ça arrive chez nous : le Dr George Engel, du Centre de Médecine de l'Université de Rochester a un épais dossier. Ce dossier contient des faits divers du monde entier sur des morts subites inexpliquées. Dans tous ces cas, c'est bien la propre illusion de la victime qui l'a tuée : ses propres certitudes d'être agressée de quelque manière, impuissante et vouée à mourir, inévitablement.

En 1965, au Labrador, une femme subit une petite opération sans gravité. Tout se passe bien, la patiente se réveille normalement. Mais le lendemain, elle meurt. En enquêtant, on apprend que, quand la patiente avait cinq ans, une voyante lui avait prédit qu'elle mourrait à quarante-trois ans. Avant son entrée à l'hôpital, la défunte avait prévenu sa soeur et l'infirmière qu'elle ne survivrait pas à l'opération.

Aux USA, dans les années 1960, un américain de cinquante-trois ans entre en conflit aigu avec sa mère pour une question matérielle. Sa mère le prévient que s'il n'obéit pas à sa volonté, cela lui portera malheur. Rapidement, cet homme, qui n'avait jamais été malade, se met à faire des crises d'asthme, puis il meurt.

Quelle puissance, que l’illusion !

"Dès que l'on atteint des plans plus subtils de conscience, on peut opérer par fonctionnement psychique sur le plan matériel." - B. Josephson - prix Nobel de physique -

Voici un autre récit, moins dramatique celui-là. Milton Erickson, l'immense psychiatre et hypnothérapeute américain, mort en 1980, raconte l'histoire d'un de ses patients né un 3 août et qui, depuis l'adolescence, cultivait l'idée (l'illusion) qu'à quarante ans, il deviendrait un vieil homme. Le 17 juillet de ses trente-neuf ans révolus, il assiste à une fête où tout se passe bien, bon repas, plaisirs... A trois heures du matin ce 18 juillet, il se réveille avec une douleur terrible à l'estomac. A partir de là, il s'affole, consulte plusieurs médecins successivement pendant que s'enchaînent des symptômes respiratoires, cardiaques et digestifs de plus en plus aigus.

Au bout de plusieurs mois, les examens médicaux successifs et poussés finissent par démontrer qu'il n'y avait absolument aucun problème réel, aucune raison d'inquiétude pour sa santé. Mais il était tout de même « vert de peur » et finit par atterrir dans le cabinet du Dr Erickson qui, en deux séances le guérit de son auto-envoûtement. Pendant des dizaines d'années, cet homme avait communiqué à son Inconscient l'illusion néfaste de la-fin-à-quarante-ans : « ... le 3 août, il aurait quarante ans – clairement sur l'autre versant avec plus jamais rien à attendre de la vie ». Encore une illusion devenue micro-réalité.

Choisissez la réalité qui est positive pour vous

"La certitude bloque probablement plus les progrès de l'homme que n'importe quel état d'esprit. Cependant, la certitude, comme tout, est une expérience subjective que vous pouvez changer." - R. Bandler -

A travers tout ce qui précède, je voudrais insister sur plusieurs choses :

  • Qu'est-ce donc que la compacte matière du corps, qui semble séparer les hommes ?
  • Où est la réalité vraie  ?
  • Qu'est-ce qui est illusoire ?
  • Qui pense juste ? Qui sait juste ?
  • Qui pense faux ? Qui sait faux ?
  • L'absolue certitude qu'à quarante ans le patient d'Erickson allait être fini, cela peut-il lui créer tout un ensemble de symptômes, tout autant efficacement que le fait de « pointer l'os » sur l'Aborigène de Benson le tue ?..


Mes livres

Je suis auteur d'articles scientifiques et de livres de psychologie :


  • -Bien vivre, Mal vivre/ à vous de choisirInterEditions

  • -Communiquer avec les autres, c'est facile !Éditions de L'Homme

  • -Bien se connaître pour bien piloter sa vieInterEditions

  • -Vous n'aimez pas ce que vous vivez ? Alors, changez-le !Marabout (épuisé)


  • -Éliminez vos peurs et blocages - avec les Métaphores ThérapeutiquesNeo Cortex éd.


  • -Angoisses, anxiété - Comment vous en délivrerNeo Cortex Ed.


Avec Michel Nachez :

  • -Technostress TechnophophieÉditions de L'Homme



Et, avecDonald Akutagawa et Terry Whitman:

  • -Mêlons-nous de nos affaires : nos territoires et ceux des autres dans la vie personnelle et professionnelleInterEditions